Documents Justice

Documents du temps passé concernant l'Histoire de la justice, des prisons et des bagnes.

02 juillet 2009

Les prisons de Thouars avant 1872

Il n’existait pas de véritable prison à Thouars avant l’installation de la maison centrale dans le château en 1872.


Cependant, les personnes arrêtées à Thouars et condamnées par le tribunal de Bressuire devaient être emprisonnées quelques temps. Ainsi les deux tours : la Porte au Prévost et la tour Prince de Galles hébergeaient des individus. Vu son mauvais état de conservation, la première fut en service sur une courte durée (début XIXème). La seconde perdit sa fonction à la fin du XIXème siècle après avoir gardé dans ses murs des faux-sauniers et ce dès le Moyen-Age.


Un gardien nommé par le Préfet, payé par l’Etat, était chargé de leur gardiennage. De la paille pour le couchage, du pain et de l’eau comme nourriture…


Les prisonniers à longue peine d’emprisonnement et à peine de mort ne faisaient que passer comme vous pouvez le voir dans le registre d’écrou pour la maison d’arrêt de Thouars commencé le 1er janvier 1837 : transfert sur Fontevraud pour la majorité d’entre eux, mais aussi Rochefort, île de Ré…


Un certain nombre de documents illustrent ce propos : un courrier du maire au sous-préfet de Bressuire du 2 décembre 1815 sur la conduite du Sieur Lacolle (gardien de la prison de Thouars) ; un arrêté préfectoral du 14 avril 1825 nommant le Sieur Rosière à ses fonctions de gardien ; un rapport du 1er décembre 1815 sur deux individus de Massais, arrêtés pour avoir crié « Vive l’Empereur » à l’auberge du Dauphin ; ou encore une évasion « spectaculaire » de deux conscrits déserteurs dans la nuit du 2 messidor an XII (21 juin 1804)…


Vous pouvez venir les consulter les lundis, mardis et jeudis de 9 h à 12 h et de 14 h à 16 h. (5 rue Drouyneau-de-Brie, Thouars).


Les prisons à Thouars avant 1872

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-33356926.html


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27 juin 2009

L'aventure d'un proscrit : le docteur Bougrat

Marseille - Cayenne - Caracas, l’aventure d’un proscrit

1ère étape : Marseille

C’est le lieu du crime. C’est aussi celui du procès et de la sentence. Le cadavre de Jacques Rumèbe est retrouvé, par hasard, dans un placard du cabinet du Dr Bougrat. Rumèbe, encaisseur de fonds, est justement un ami de Bougrat et son patient pour un long traitement de la Syphilis. Le docteur est accusé (à tort ? et peut-être un peu trop facilement ?) par un jury populaire pour cet assassinat. Les médias et l’opinion publique se déchaîneront sur ce médecin-meurtrier de Marseille. Un crime odieux aux dires de journalistes, une proie facile aussi en la personne du Dr Bougrat. Une justice au goût amer qui me (lui ? nous ?) reste en travers de la gorge. Comment un docteur peut commettre pareilles atrocités ? La question est posée, mais seul le Dr Bougrat pourra nous révéler, un jour, ses motivations. Quoi qu’il en soit, le Dr Bougrat, sera condamné au bagne à Cayenne. Sur le bateau en départ à Saint-Martin-de-Ré, la gouaille marseillaise se mêle au titi parisien. La houle embarque nos prisonniers, à bord de La Martinière, vers ce terrible lieu de peur, de maladie, de mort.

Ici, la séparation est absolue, il n’y aura pas de retour. Forçat... Étais-je « tombé si bas » ? Étais-je promis à cette pourriture dès l’instant où le regard d’Andrée avait croisée le mien sur les allées de Meilhan ? Ils l’ont dit - ce fut même le cheval de bataille du triste Siame. Le vice m’avait pris par la main pour me conduire au crime ! Et la preuve qu’ils ont réussi à me rendre coupable, c’est que l’autre jour à Saint-Charles, en arrivant sur le quai éloigné, semi-clandestin où avait lieu notre embarquement, j’ai été soulagé de voir qu’inavouable et la viande criminelle qu’on chargeait se trouvaient des misérables certes, et même d’authentiques monstres, mais aussi trois bougres à face humaine et un gamin complètement perdu. C’est alors que j’ai découvert ce que tout être injustement condamné rumine : le désir de vengeance ! Gratitude pour les rares compassions entrevues tout au long du calvaire mais, avant tout, vengeance. Une vengeance que je me sens capable, maintenant, d’imaginer avec une précision froide et maniaque...

2ème étape : Cayenne

C’est le lieu de la souffrance. La maladie rode autour, la mort aussi. Le Dr Bougrat pourrait se sentir anéanti dans un tel environnement. Pourtant, il va trouver sur place la force d’exercer, avec les moyens du bord, son métier. Le serment d’Hippocrate, il le connaît par cœur et a justement le cœur pour pouvoir l’utiliser au mieux afin d’aider les plus mal-lotis que lui. Il se met en devoir d’aider tous ces relégués, déportés et transportés soumis au doublage. Finalement, son statut enviable de médecin lui octroiera quelques privilèges et lui facilitera à supporter le pire. Mais comme hanté par l’injustice d’être à Cayenne, l’envie de s’évader ne lui a jamais quitté l’esprit.

3ème étape : Caracas

C’est le lieu de son échappatoire. Une évasion pour le Venezuela sortira le Dr Bougrat de cet enfer terrestre. Des moments difficiles, douloureux aussi bien physiquement que moralement pour un évadé mais qui n’auront pas d’incidence sur sa détermination à fuir ce « territoire » français. Et là-bas, une nouvelle vie débutera. Toujours passionné par la médecine et par les autres, il sera toujours emprunt de compassion pour aider les autochtones. Son crime, il l’a payé au centuple et ses bonnes actions restent mémorables dans ce pays. Il fondera un hôpital, ira dans les endroits les plus reculés pour justement servir et aider les vénézuéliens les plus pauvres pour la plupart oubliés de leur gouvernement. Il y découvrira l’humanité de son caractère mais aussi l’amour en fondant une nouvelle famille. Devenu médecin des pauvres, il sera traité en Saint par les villageois. Un Grand Homme du Venezuela est né.

A l’origine petit médecin de quartier, misérable et miséreux, anonyme et peu enviable, le Dr Bougrat aura su forcer son destin. C’est la principale leçon à tirer de l’aventure « surhumaine » de cet homme. Une formidable bonté a su naître dans l’âme du Dr Bougrat en lui octroyant une aura merveilleuse et un fabuleux destin « hors du commun » qu’il n’aurait certainement pas eus en restant dans la société conformiste de Marseille. Accusé de meurtre, condamné au bagne, il aurait pu sombrer encore plus bas qu’il ne l’était (fusse-t-il possible ?). Pourtant il aura la force de se relever pour aider d’abord les autres prisonniers et relégués de Cayenne, puis les plus pauvres du Venezuela. Sur le plan littéraire, Christian Dedet a su retranscrire parfaitement (et je devrais dire comme d’habitude, au regard de ma précédente lecture de ce « romancier ») cette aventure humaine en une histoire captivante qui vous prend tripes et cœur en suivant l’expédition « initiatique » de ce Dr Bougrat vers la découverte d’un courage insoupçonné et d’une rare compassion. 



Magnifique, émouvant, rageant...

Christian Dedet  Le Secret du Dr Bougrat

http://blackwithblue.free.fr/article.php3?id_article=170

Témoignage unique d'une épouse de surveillant, la dernière à avoir vu le docteur BOUGRAT avant sa spectaculaire évasion :

« Ce médecin qui avait tué qui avait tué et enfermé dans un placard sa victime, un homme d'affaire, vous pensez bien que dès son arrivée en Guyane, il fut affecté au laboratoire des analyses de l'hôpital où il était traité comme un homme libre. C'était lui qui me faisait les prises de sang. Je le revois encore avec sa figure ronde au teint blanc et rose et très distant. J'évitais de lui poser des questions indiscrètes et les seules conversations était au sujet de ma santé et le dernier jour où je le voyais, il me dit : « Quittez ce pays, madame, c'est un conseil que je vous donne ». Je ne répondis pas car pour moi, c'était un bagnard comme les autres, je n'avais pas plus d'estime pour lui.

Le dernier jour que je passais à l'hôpital, un après-midi avec deux autres malades, nous regardions par la fenêtre de la véranda, ce qui se passait dans la cour et la rue qui était assez proche quand nous l'aperçûmes accompagné de notre garçon de réfectoire et un troisième condamné, ils franchirent la grille de l'hôpital et nous firent un signe d'adieu. Nous fûmes subjuguées par cette attitude, car l'élément pénal ne se permettait pas d'une pareille attitude vis à vis des épouses du personnel administratif. Toutes les trois, nous eûmes la même pensée par avance qu'ils partaient en cavale. »

http://www.bagne-guyane.com/familles.htm

Le secret du docteur Bougrat

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-33130439.html

Le secret du docteur Bougrat

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-28785360.html

Un bagnard médiatique, Henri Charrière dit « Papillon »

http://storage.canalblog.com/99/02/534743/32557975.pdf


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24 juin 2009

Leni Riefenstahl : une "fan" d'Adolphe ?

Jusqu'à son dernier souffle, celle qui transforma sa caméra en un instrument de propagande hitlérienne disait regretter sa complicité artistique - seulement - au service de la barbarie. Repentance formelle ou prise de conscience sincère d'une fanatique du "beau" à l'oeuvre à jamais entachée ?


Au lendemain de l'Armistice de 1945, un soldat américain frappe à la porte d'un chalet de montagne dans le village autrichien de Kitzbühel. Une femme paraît : « Qui êtes-vous ? demande le sergent.


 

- Je suis Leni Riefenstahl, répond-elle.


 

- Qu'est-ce que vous faites ?


 

- Je joue, j'écris et je produis des films.


 

- Ma jolie ! Je vais au cinéma depuis longtemps et je n'ai jamais entendu parler de vous. »


 

En partie dépitée que l'Américain ne la connaisse pas, en partie rassurée qu'il ne sache pas qu'elle a été une star du IIIe Reich et une intime d'Adolf Hitler, la cinéaste, impassible, s'entend signifier : « Nous avons besoin de votre maison. » Réquisitionnée par l'armée américaine, sa grande demeure est transformée en centre de repos pour les GI. Il va s'écouler un certain nombre d'années avant qu'elle s'y réinstalle.


 

Quelque cinquante ans plus tard, pour ses 95 ans, une petite galerie de Hambourg expose ses oeuvres photographiques, essentiellement des Noubas africains. Sur la façade de l'immeuble, une banderole informe les visiteurs oublieux de l'Histoire : « La photographe de Hitler est toujours active. En 1936, la propagande. En 1997, le business. » Même Hollywood s'intéresse à cette femme, centenaire lorsque l'actrice Jodie Foster, en août 2002, envisage de tourner un film sur sa vie.


 

Soixante-dix ans ont passé depuis son premier grand succès cinématographique, Das blaue Licht (La Lumière bleue), qui bat alors tous les records de fréquentation. Le 9 mai 1934, dans le New York Herald Tribune, on peut lire : « Avec quelle intensité cette jeune femme, qui joue le rôle principal, a écrit et dirigé ce film, accomplit sa tâche avec perfection ! » Le film avait remporté deux ans auparavant la médaille d'or du festival de Venise. Beau parcours pour cette fille d'un industriel berlinois qui a débuté sa carrière dans la danse avant de tenir la vedette dans les films de montagne d'Arnold Fanck, La Montagne sacrée (1926), Le Grand saut (1927), Tempêtes sur le Mont-Blanc (1930).


 

En avril 1933, un journaliste du New York Times recueille les confidences d'Adolf Hitler : « Je veux me servir du cinéma comme d'un instrument de propagande. ». Le congrès du parti a lieu à l'automne, à Nuremberg, dans un faste particulier puisque Hitler s'est installé à la Chancellerie le 30 janvier. Cette même année, Leni est présente au palais des sports de Berlin où Hitler tient meeting. « C'était la première fois de ma vie que j'assistais à une réunion politique, confie-t-elle au cinéaste Ray Müller dans le documentaire Leni Riefenstahl, le pouvoir des images (1995). C'était impressionnant pour moi, je me suis laissée emporter par l'atmosphère. Hitler m'a fait ce jour-là un effet absolument fascinant. » Et c'est sur le coup de cette émotion qu'elle décide de lui écrire. Un aide de camp vient la chercher : « Le Führer a été émerveillé par votre danse dans La Montagne sacrée.» Goebbels, dans son journal, mentionne souvent le nom de Leni Riefenstahl au cours de l'année 1933 : « 17 mai : après-midi, Leni Rienfenstahl. Je lui propose de faire un film sur Hitler. Elle est enthousiaste » ; « 16 juin : trajet en voiture avec Hitler en fin de journée. Ensuite, à la maison. Philip von Hessen et Leni Riefenstahl. Très agréable » ; « 14 juillet : chez Hitler, regardé un film de Hans Albers : épouvantable navet. Leni Riefenstahl, Gerda Maurus et Maria Winkelstern. Trois belles femmes. »...

Lire la suite en cliquant sur le lien ci-dessous

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20 juin 2009

Des forçats

Magnifique document illustré et en couleur en version format PDF :

Martinière, Le transport des forçats, Franck Sénateur, Paul Mauro et Bernard Cognaud.

Historique des transports de forçats en France ; le bagne flottant (mémoires du commandant Rosier) ; Les trois voyages du matelot Mauro : 1935-1935 et 1938

Des Forçats

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15 juin 2009

Pierre François Lacenaire, le brigand poète

Pierre François Lacenaire naît près de Lyon en 1800. Alors qu'il est encore tout jeune, son père lui montre l'échafaud en lui prédisant qu'il y finira... Lorsque Lacenaire décide de monter à Paris, il alterne méfaits et travaux d'écriture. Il se rêve écrivain, mais les échecs se succèdent. Lacenaire comprend quel est le but de son existence: le suicide. Mais pas n'importe comment! «L'eau? Non, on doit trop souffrir. Le poison? Je ne veux pas qu'on me voie souffrir. Le fer? Oui, ce doit être la mort la plus douce. Dès lors, ma vie devint un long suicide, je ne fus plus mien, j'appartenais au fer. Au lieu de couteau et de rasoir, je choisis la grande hache de la guillotine. Mais je voulais que ce ne fût qu'une revanche. La société aura mon sang, mais j'aurai le sang de la société.» ...

Pierre François Lacenaire, le brigand poète

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Vie quotidienne et marché noir

Archives de presse / Problèmes d'approvisionnement, trafics, vols... Les rapports de gendarmerie relatent en détail les difficultés de la France occupée. Ils soulignent aussi l'exaspération montante de la population

Répartis dans leurs brigades à travers tout le pays et partageant les difficultés de l'époque avec les habitants des communes où ils sont implantés, les gendarmes se révèlent être des observateurs particulièrement attentifs à l'état d'esprit des Français et à son évolution au fil de la guerre. Ils retracent également les difficultés d'approvisionnement, le marché noir ou le profond désarroi d'une population parfois réduite aux dernières extrémités et même, pour survivre, à la prostitution.

Le 9 avril 1941, le gendarme Guernet, commandant de poste à Blainville-sur-Orne (Calvados), explique: «La débauche de femmes de soldats prisonniers existe partout où les troupes sont cantonnées. Des filles de moins de 20 ans se livrent à la prostitution.» Il poursuit: «Ces délits présentent une certaine difficulté à être relevés par les agents de la force publique, étant donné la présence des Allemands aux côtés de certaines femmes.» ...

Vie quotidienne et marché noir

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32677301.html


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13 juin 2009

Les « Croisés d’Himmler » et la politique de la police du parti nazi

Les historiens, d’Allemagne ou d’ailleurs, ont attendu presque 70 ans après la nomination d’Hitler à la chancellerie du Reich pour examiner de plus près l’attitude adoptée par les nouveaux maîtres de l’Allemagne vis-à-vis des Églises. En effet, l’historiographie réserve une place prépondérante aux atrocités commises par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale, en tout premier lieu contre la population juive qui en fut la principale victime. À juste titre, la Shoah constitue un objet d’études dont nous sommes loin d’avoir touché la fin [1]. C’est ainsi que la politique de destruction nazie continue à imprégner l’historiographie des organes de persécution du Troisième Reich.

Pour retracer les approches et les pratiques mises en place précocement dans la lutte contre les prétendus adversaires du régime, il n’est cependant pas inutile de se pencher sur d’autres groupes se trouvant dès 1933 dans le collimateur des agents du parti. Après la chute du rideau de fer et l’ouverture des archives emportées après 1945 par l’Armée Rouge vers Moscou, les historiens ont eu accès à une documentation demeurée longtemps inaccessible et qui offre de vastes perspectives de recherche. Wolfgang Dierker est ainsi l’auteur d’une thèse très impressionnante sur la politique de répression des confessions religieuses mise en œuvre par le service des renseignements du parti, le Sicherheitsdienst (SD). Son travail s’appuie sur les archives du Kirchenreferat, service chargé « d’observer » les Églises jusqu’en 1941, date à laquelle ses compétences sont transférées à la Gestapo, échéance qui marque la fin de la présente étude. L’histoire des archives qui fondent ce travail n’est d’ailleurs pas sans intérêt : délocalisées en 1943 vers la Silésie et les Sudètes suite aux bombardements alliés sur la capitale allemande, elles tombent aux mains de l’Armée Rouge en 1945. Majoritairement restituées au gouvernement de la RDA dans les années 1950, elles sont alors intégrées au Ministerium für Staatssicherheit, afin d’être mises au service des campagnes de propagande lancées contre des hommes politiques de l’Allemagne de l’Ouest ou des communautés telles que les Témoins de Jéhova. Les historiens doivent pour leur part attendre l’effondrement du régime pour les exploiter…

L’intégralité de cet article est disponible en cliquant sur le lien ci-dessous

http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/article-32589050.html


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08 juin 2009

Auteur de l’ouvrage Le Masque de fer : entre histoire et légende, Jean-Christian Petitfils, par son travail d’historien, met à mal le mythe du Masque de fer en revenant à une réalité historique plus prosaïque mais non moins passionnante. Qui se cache derrière le masque de fer ? Telle est la question à laquelle il répond après plusieurs années de recherche.

Rares sont les mystères qui ont soulevé autant d’intérêt et de passion que celui de l’homme au masque de fer, prisonnier d’Etat, enfermé par ordre de Louis XIV au donjon de Pignerol, dans la citadelle Sainte-Marguerite, mort à la Bastille en 1703, voici donc trois siècles. Nul n’avait le droit de l’approcher ni de lui parler, hormis son geôlier. Nul ne pouvait connaître le motif de sa détention, ni son identité. Cette troublante énigme n’a cessé de piquer la curiosité des historiens et romanciers. De multiples solutions ont été imaginées pour résoudre ce mystère, la plus célèbre faisant de cet inconnu un frère jumeau du roi, masqué à cause de sa trop frappante ressemblance.

Ce livre est le dossier complet, jamais présenté à ce jour, des dernières découvertes. Après un examen méthodique des documents d’archives (beaucoup nouveaux ou inédits), l’auteur apporte à cette énigme les explications les plus logiques et les plus incontestables.

Mais le livre va bien au-delà. Il étudie la formation au siècle des Lumières d’un mythe redoutable et maléfique, s’attaquant à la légitimité du trône et à ce qui constituait le cœur même de la monarchie d’Ancien Régime : le mystère du pouvoir, le secret du roi. C’est tout un pan de l’histoire des mentalités qui se dévoile ici…

Le Masque de fer : entre histoire et légende

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05 juin 2009

Beaumarchais, agent secret

Horloger, professeur de harpe, spéculateur et homme d'affaires, l'auteur du « Barbier de Séville » et du « Mariage de Figaro », en ce mois de juin 1774 est à Londres pour le compte du roi Louis XVI...


IL Y A QUELQUES ANNÉES, un historien écrit : « Figaro a deux siècles. On ne dira jamais assez le rôle de ce valet de comédie dans l'éveil des esprits qui précéda la Révolution. A ce personnage pittoresque et vivant, Beaumarchais a prêté les principaux traits de son caractère et les aventures d'une vie qui fut échevelée ». L'intéressé d'ailleurs a, un jour, fort bien résumé la chose : « J'ai vécu deux cents ans ! ». C'est le moins que l'on puisse en dire. Il aura été horloger, professeur de harpe, compositeur de vaudevilles, spéculateur et homme d'affaires, auteur dramatique, magistrat, plaideur, pamphlétaire, armateur, éditeur, marchand de canons et... agent secret, espion si l'on préfère. Avec cela« aventurier par nature, libertin par inclination, financier par amusement, au demeurant bon père et ami fidèle (...) par-dessus tout homme d'esprit, d'une gaieté intarissable et d'une bienveillance universelle malgré ses nombreux ennemis » (l'historien Maurice Lever dixit). Il est né le 24 juillet 1732 à Paris, fils d'un horloger protestant. Génie précoce, il invente un nouveau système d'échappement pour les montres ; se marie à vingt-quatre ans et se retrouve veuf à vingt-cinq avec ce nom - Beaumarchais - qui fera connaître au monde Pierre-Augustin Caron. Deux ans plus tard, il est le professeur de harpe des filles du roi, Louis XV à cette époque. Un an de plus et il se lance dans les affaires. Un an de plus encore et il accède officiellement à la noblesse. Dire dorénavant à juste titre : Monsieur de Beaumarchais. Encore un effort et le voilà en 1762 lieutenant général des Chasses aux bailliages et capitainerie du Louvre. En d'autres termes et pour faire court : magistrat. Ce qui ne l'empêche pas cinq ans plus tard de faire jouer sa première pièce à la Comédie Française Eugénie. Succès mitigé. Il continue sa carrière d'auteur dramatique : en 1770, Les deux amis ou le négociant de Lyon. C'est un four. La même année commencent ses péripéties judiciaires liées à l'exécution du testament du financier Pâris-Duverney et que l'on désigne globalement sous le vocable d'Affaire Goetzmann. Le procès du même nom se termine par un jugement qui blâme à la fois Beaumarchais et Mme Goetzmann le 26 février 1774. 1774 : année clé. C'est l'année où Beaumarchais devient officiellement - si l'on ose dire - agent secret. Dès le jugement connu, Beaumarchais - avec la complicité d'une partie de la cour royale - passe en Angleterre au début du mois de mars. Il n'y reste guère : à peine arrivé, un billet lui parvient. C'est Louis XV, en personne, qui lui demande de revenir - en secret (?) - à Versailles. De toute urgence. Il n'a donc pas même le temps de défaire ses bagages. Figaro, personnage de théâtre, dira : « Vous me voyez... prêt à servir de nouveau Votre Excellence en tout ce qu'il lui plaira de m'ordonner ». Rencontre à Versailles. Le marché (royal) est clair à défaut d'être explicite : Beaumarchais est chargé d'une mission. S'il réussit, le jugement le condamnant sera cassé. Beaumarchais est enchanté : puisqu'on le lui demande en de tels termes, il sera donc espion. Sa carrière d'agent secret commence. Il repart pour Londres. Le Chevalier (ou la Chevalière ?) d'Eon qui ne l'apprécie guère, écrit ironiquement : « Aussitôt, le coeur romanesque et gigantesque du sieur Caron s'enfle et se remplit des idées les plus chimériques ; son ambition s'élève aussi haut que les flots de la mer qu'il doit traverser ; il conçoit l'espérance de réussir dans le dessein de flatter les amours de son maître, d'abaisser ses ennemis et d'élever sa fortune ».

Beaumarchais, agent secret

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02 juin 2009

L'affaire Deveaux

Le 7 juillet 1961, à Bron-Parilly, dans la banlieue lyonnaise, un jeune garçon-boucher appelle fébrilement Police-Secours : une fillette vient d'être découverte, égorgée et éventrée dans une cave...

LE GARÇON BOUCHER s'appelle Jean-Marie Deveaux. Pour l'état-civil, il est âgé de 18 ans mais son état mental est celui d'un enfant de huit ans. Il n'a jamais réussi à décrocher son certificat d'études et tout le monde - famille, voisins, patrons - le traite comme un débile. Lui - pour se rendre intéressant ou tout simplement pour avoir quelque chose à dire - s'invente des aventures extravagantes, des fiancées mystérieuses qui meurent au volant de leurs somptueuses voitures... L'une des personnes qui éprouvent le plus de sympathie pour lui est vraisemblablement la petite Dominique Bessard, huit ans, qui l'appelle Janot et le considère un peu comme son grand frère. Le 7 juillet 1961, c'est le drame horrible : la petite est découverte par une voisine, Mme Canard, dans le couloir de la cave du grand immeuble qui abrite au rez-de-chaussée la boucherie familiale. Dominique a été égorgée, éventrée. La voisine, horrifiée, monte prévenir la maman qui redescend en courant avec elle. Que fait Jean-Marie Deveaux pendant ce temps ? Est-il descendu avec les deux femmes ? Lui prétendra que oui, elles affirmeront le contraire. En tous cas, c'est lui qui appelle Police-Secours ...

L'affaire Deveaux

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