19 décembre 2008
La prison. À l’ombre des hauts murs
Anatole de Monzie, rallié au pétainisme en 1940, appartenant au « ventre mou de la gauche » (Jean-Pierre Azéma), rapporte qu’il fit sa première expérience pénitentiaire le 22 août 1942 : « tous se plaignent d’être si complètement inoccupés, cerveaux et mains. L’inaction révèle le pouvoir nostalgique du travail. Une paresse obligatoire et indéfinie constituerait dans un enfer de cauchemar le plus inimaginable supplice. La fabrication des chaussons de lisière, abolie je ne sais pourquoi, était une pratique de bienfaisance méconnue : on aimerait ce lourd matin d’août, tresser des chaussons de lisière pour se sentir des hommes en liaison avec la besogneuse humanité. »1 Le rythme des jours en prison, les politiques pénales, l’arsenal des peines obscures2, le mouvement des réformes pénitentiaires, les contestations de l’univers carcéral... tous ses aspects, et bien d’autres, figurent dans le petit livre magnifique que vient de signer Jean-Claude Vimont. Enseignant à l’université de Rouen, il était déjà l’auteur d’un livre remarqué sur La prison politique en France3. Après la réédition de l’Histoire des prisons en France, 1789-20004, il n’était pourtant guère facile de présenter une synthèse renouvelée accessible à un vaste public.
La prison. À l’ombre des hauts murs par Jean-Claude Vimont
Paris, Découvertes Gallimard, 2004, 127 p.
http://rhei.revues.org/document403.html
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