15 décembre 2008
Les politiques de l'éducation correctionnelle en France...
L’histoire de la gestion de la jeunesse délinquante et difficile aux XIXe et XXe siècles a longtemps été marquée par une démarche adhérant plus ou moins consciemment à un certain « finalisme ». Dans une vision « progressiste », les historiens partaient d’un passé lointain et noir (le début du XIXe siècle) marqué par l’absence de prise en compte du caractère spécifique de la jeunesse pour aboutir à la réforme « lumineuse » de l’ordonnance de 1945, qui repose sur la notion « d’éducabilité » du mineur délinquant, ainsi qu’à la rupture, au sein de l’administration, entre la vieille et répressive « pénitentiaire » et la jeune et éducative Direction de l’éducation surveillée, l’ancêtre de notre PJJ. Dans cette logique, étaient privilégiés les événements qui semblaient annoncer la fin (1945). Parallèlement, une vision des représentations de l’enfance coupable découpée en stades ou en phases plus ou moins bien déterminés d’un point de vue chronologique s’est développée. Les années 1830-1880 seraient les années de l’enfance coupable, à punir donc, auxquelles succèderaient, entre 1880 et 1930, les années de l’enfance victime (de ses parents, de son milieu social), à protéger. Cette vision qui reflète certains changements dans le traitement de la jeunesse à problème et permet en particulier de prendre en compte la mise en place d’une justice plus protectrice (lois de 1889, 1898 et 1912) aux débuts de la IIIe République triomphante est cependant beaucoup trop simpliste. D’une part, l’histoire de la prise en charge de la jeunesse délinquante n’est pas linéaire et ne se décline pas du mal vers le meilleur, de l’ombre vers la lumière. D’autre part, chaque période comprend des éléments répressifs et des éléments plus protecteurs. Ainsi, presque toutes les lois qui structurent ce champ particulier mêlent intimement ces deux aspects. L’historien doit prendre en compte cette ambivalence et, surtout, avoir conscience qu’il existe une tension permanente dans ce champ entre ces deux éléments qui évoluent, souvent à un rythme rapide, en fonction du contexte politique et social, et du jeu des différents acteurs impliqués dans cette histoire.
Cette histoire de la prise en charge des jeunes délinquants doit donc toujours être rapportée au contexte politique (idéologie) et social national, bien sûr, mais aussi à l’organisation judiciaire et à ses mutations, aux évolutions législatives et réglementaires qui structurent le dispositif. Il faut aussi prendre en compte la tradition centralisatrice et bureaucratique de l’Etat en France. Ainsi, l’Administration pénitentiaire et ses fonctionnaires sont omniprésents dans cette histoire, s’opposant parfois aux décisions des parlementaires et même des ministres, souhaitant en tout cas en permanence garantir leur contrôle sur les établissements publics et privés. Nous le verrons, logiques politiques et logiques administratives coïncident rarement ...
MÉDECINE et SANTÉ de l'ADOLESCENT
ADOLESCENTS DIFFICILES : entre AUTORITÉS et SOINS
LES POLITIQUES DE L'EDUCATION CORRECTIONNELLE EN FRANCE : ETABLISSEMENTS ET ACTEURS (vers 1830-1940)
E. Pierre. Historien (Hires) Université d'Angers
http://www.med.univ-angers.fr/discipline/pedopsy/13decembre/Pierre.htm
Site nouveau : L'Histoire de la police et de la Gendarmerie : 101 articles en ligne
http://philippepoisson-hotmail.com.over-blog.com/
La sanitarisation du social : Les professionnels et l'éducation pour la santé en milieu péntentiaire
" La sanitarisation du social : Les professionnels et l'éducation pour la santé en milieu péntentiaire"
Document en version format PDF de 28 pages - Erice Farges
Le pénitencier des marmailles en péril
« Au XIXe siècle et plus particulièrement sous le Second-Empire, les colonies pénitentiaires pullulent dans la France entière. La Réunion n’échappe pas à la règle et deux établissements sont successivement dévolus au redressement de la jeunesse dite délinquante : le pénitencier de la Providence à Saint-Denis et celui de l’îlet à Guillaume en amont du chef-lieu. »
Article de presse publié par le site CLINANOO.COM (7 octobre 2007)
http://www.clicanoo.com/index.php?page=article&id_article=165943
À l'assaut du fort Joséphine
« … L'île des forçats
Sous Napoléon III, l'îlet à Cabris est choisi comme lieu de détention. Un pénitencier accueille les condamnés à plus d'un an de prison et les lourdes peines-condamnés à la réclusion, aux travaux forcés ou à la déportation-, qui attendent leur évacuation vers le bagne de Cayenne. Si les premiers peuvent sortir pour les corvées et travaux extérieurs (...)-« leur travail consiste à convertir en cailloux, pour macadamiser les routes de la Colonie, les énormes blocs rocheux qui sont attachés aux flans du morne Joséphine », témoigne le Dr de Sauzeau de Puyberneau, médecin militaire en poste à Terre de Haut en 1901-, il n'en est pas de même pour les seconds qui ne sortent jamais. Les locaux disciplinaires « sont de véritables tombeaux de pierre », selon la description qu'en fait le médecin militaire. « Ils mesurent deux mètres de longueur, un mètre cinquante de largeur et deux mètres soixante de hauteur. Le patient est assis sur les dalles, les épaules et la tête appuyées contre le mur et les pieds fixés à une barre de justice établie à O,25 m du sol. » Les évasions sont rares. Un détenu cependant tenta de se faire la belle, une porte de magasin en guise de radeau. Mais il fut rapidement repris à Terre de Bas. Le pénitencier de l'îlet à Cabris ferme définitivement ses portes en 1902. »
« Destination Guadeloupe » n°18 mars avril-mai 2005
Le Magazine n°18 À l'assaut du fort Joséphine
http://www.guadeloupe-fr.com/magazinedestinationguadeloupe/article=26319/
Cent ans de prison...
«… Au moment où le pénal était en pleine construction, la prison apparaissait comme un des plus grands espoirs de réformer les hommes, femmes et enfants qui ont pour principale caractéristique de n’avoir ni lieu ni feu … »
Sur le site Criminologie, XXIV, 1, 1991 Jacques Laplante, Professeur, Département de criminologie Document PDF 22 pages – Archives - 1991 - Québec http://www.erudit.org/revue/crimino/1991/v24/n1/017300ar.pdf
Femmes et justice pénale
" Ce colloque devenu livre est né d’un constat : le rôle important que joue en matière judiciaire et pénale la différence des sexes. L’histoire des femmes a exploré de nombreux territoires, mais a encore peu investi le champ du droit. Certes, elle avait depuis longtemps repéré la faiblesse de la délinquance féminine à partir du XIXe siècle et l’indulgence dont bénéficiaient les femmes devant les tribunaux. Mais les statistiques sont grossières et trompeuses à plus d’un titre. Le gonflement brutal des contentieux est le plus souvent lié à un renforcement de la répression plus qu’à un ébranlement des mœurs. Cyril Olivier en donne un exemple parlant à propos de l’avortement au temps du Code de la famille et de Vichy. De même, l’explosion des incarcérations de mineurs à partir de 1837 tient à une politique pénale plus rigoureuse et à la nouvelle offre d’incarcération, avec l’ouverture des colonies pénitentiaires et des quartiers de mineurs. Par ailleurs, les statistiques reposent sur la vision des crimes et délits que se forge, à un moment donné, la société. L’importance des affaires classées – 41 % des prévenues dans la France de l’entre-deux-guerres – donne ainsi à réfléchir et le cas du tribunal d’Angers devrait inciter à poursuivre les recherches sur ce sujet trop peu étudié. …"
Anne-Marie Sohn, « Compte rendu de Christine Bard et al., Femmes et justice pénale…, 2002 », Le Mouvement Social, n° 217 (octobre-décembre 2006), p. 101-102
http://mouvement-social.univ-paris1.fr/document.php?id=344
Rue de la Roquette dans le XIe arrondissement
«… Maintenant, cette longue avenue du Père-Lachaise, des corbillards la sillonnent tous les jours et ne se lassent pas de s'y suivre. Elle est flanquée de deux prisons dont ont ne rit jamais, que nous sachions, et pourtant, comme on riait parfois de la Bastille, quand elle se dressait à l'autre bout ! Entre les deux prisons substituées au couvent, on exécute les condamnations capitales depuis 1851. Plus haut, la rue de la Roquette a pour industrie exclusive d'orner les tombes du grand cimetière. Lorsqu'un mort oublié dort sous un petit jardin qu'aucune main ne cultive plus, il y pousse une plante à fleurs jaunes, qu'arracherait un jardinier. Cette plante des terrains incultes est la roquette, humble marraine de la rue. Il doit suffire à la gloire de M. de Roquette, grand-vicaire de Cluny, puis évêque d'Autun, qu'il ait posé à son insu devant Molière, pour servir de type à Tartufe. Le modèle vous paraîtrait même plus que tendre à la tentation, comme dirait Dorine du portrait, si vous ne preniez de la notice consacrée au personnage par M. Lamoureux, dans la Biographie Michaud, que ce passage isolé : « Peu de temps. avant la mort de la princesse douairière de Condé, il avait favorisé, par un déguisement, l'introduction de sa maîtresse dans Paris. » Une maîtresse déguisée, passe encore ; mais avouée, quel Tartufe pousserait les choses si loin ! Heureusement pour l'abbé Roquette, deux circonstances font tomber le malentendu : il était alors attaché à la maison de la princesse dont on parle, et elle n'atteignit jamais l'âge de Mme Pernelle, mais elle n'était déjà plus jeune quand le grand Condé, son fils, prit parti contre Mazarin. Une épigramme, attribuée à Boileau, parlait des sermons prononcés par M. de Roquette comme elle aurait pu le faire de ses écrits : On dit que l'abbé Roquette
Prêche les sermons d'autrui ;
Moi, qui sait qu'il les achète,
Je soutiens qu’ils sont à lui. »
http://www.paris-pittoresque.com/rues/10.htm