09 décembre 2008
L'Abbaye d’Auberive, colonie pénitentiaire
... En 1856 s’ouvre une nouvelle période de lien avec l’ancienne abbaye de Clairvaux. Afin de désengorger la maison centrale de Clairvaux l’état fait l’acquisition de l’abbaye et y fait venir les femmes. La prisonnière le plus connue fut la communarde Louise Michel, détenue 20 mois entre décembre 1871 et août 1873 avant sa déportation en Nouvelle Calédonie.
L’abbaye est aménagée en deux campagnes : Les murs d’enceinte sont renforcés, une chapelle polyvalente est construite ainsi que des cellules de punition dans l’aile est.
Entre 1885 et 1891, l’abbaye devient une colonie industrielle pour délinquantes mineures, puis de 1894 à 1924 une colonie agricole pour jeunes garçons. L’emploi du temps de la journée se partage entre travaux agricoles et enseignements élémentaires ...
http://www.demeure-historique.org/spip.php?article672
De l'asile à l'hôpital : les établissements psychiatriques français
Les structures d'accueil et de soins aux personnes atteintes de troubles mentaux ont une longue histoire.
Sous l'Ancien Régime existaient déjà de nombreuses institutions, laïques et religieuses, destinées en tout ou partie aux aliénés d'esprit (telles les Petites-Maisons à Paris ou les Charités des Frères de Saint-Jean de Dieu). Plusieurs de ces établissements ne survivront pas à la tourmente révolutionnaire.
Au XVIIIème siècle, l'Hôtel-Dieu de Paris est l'un des rares hôpitaux publics du Royaume réservant des salles spéciales au traitement des fous, une pour les hommes, deux pour les femmes. Les deux autres établissements «les plus proches de la Capitale, où l'on s'occupe encore du traitement des maniaques» (Jacques Tenon, 1788) sont alors l'Hôtel-Dieu de Lyon et l'Hôpital Général de Rouen. La Provence dispose aussi de trois hôpitaux consacrés aux fous: l'hôpital d'Avignon, ouvert en 1681, l'hôpital de la Trinité d'Aix, ouvert en 1691, et la Maison de Saint-Lazare à Marseille, ouverte en 1699...
http://psychiatrie.histoire.free.fr/hp/hp.htm
Mineurs délinquants
Traiter des mineurs délinquants n'est pas sortir du cadre des sujets auxquels est consacré ce Dictionnaire. Car, devant le méfait, crime ou délit, commis par un enfant ou un adolescent, la question se pose le plus souvent d'une éducation à faire ou à modifier, ou à défaire et refaire.
Si le méfait du mineur est une atteinte à la sécurité actuelle de la société, il est plus encore une menace pour sa sécurité future. Ce mineur, en effet, n'a pas plus achevé sa croissance morale que sa croissance physique ; et la première risque trop d'évoluer du mal au pire, si le redressement n'en est pas opéré en temps utile. La défense sociale exige que le traitement soit autant que possible approprié à une plaie qu'il ne faut pas considérer seulement comme un mal présent, mais comme un inquiétant devenir, gros de dangers plus graves. Aussi, quelque légitime que soit la part à faire en ce domaine aux sentiments de compassion et d'humanité, et sans méconnaître aucun des devoirs sociaux, ni aucune des responsabilités sociales que la criminalité juvénile met en jeu, doit-on se mettre en garde autant contre les erreurs sentimentales, qui, en réalité, protègent mal le mineur, que contre les systèmes de répression mal adaptés, qui défendent mal la société...
http://www.inrp.fr/edition-electronique/lodel/dictionnaire-ferdinand-buisson/document.php?id=3192
De la prison à l'hôpital, l'Institut miroir de la société
L'histoire de l'Institut Théophile Roussel
La colonie pénitentiaire
À l'origine, le Conseil général de la Seine aurait dû construire un centre au Plessis-Robinson. Mais il en a été autrement.
En effet, la loi du 30 juin 1838 proclame que "chaque département est tenu d'avoir un établissement public, spécialement destiné à recevoir et soigner les aliénés". La prison de la Petite Roquette était à l'origine prévue pour les enfants. Mais très rapidement il a été décidé de remplacer cette prison parisienne, très critiquée, par une "colonie pénitencière" hors de la capitale (les fous sont comme les étrangers et tous les marginaux, on préfère les tenir éloignés). En effet, le XIXe siècle voit s'opposer deux perspectives thérapeutiques: active (par le travail, comme à Montesson) et passive (par l'enfermement).
Cette colonie est construite comme la colonie pénitentiaire de Mettray, l'église en moins -IIIe République laïque et anticléricale oblige-, remplacée par une salle aux allures de temple (le président du Conseil de la Seine est par ailleurs Grand Maître du Grand Orient).
Dans un grand parc de 32 hectares, entouré d'un mur percé de grilles parce que tout le monde doit pouvoir voir ce qui s'y passe, et qui ne mesure jamais plus de 2 mètres de haut, la Maison d'éducation Le Peletier de St Fargeau se compose de huit pavillons accueillant 320 enfants, 12 pavillons tout autour pour les employés et les jardiniers, qui peuvent surveiller les enfants, le bâtiment de la "correction paternelle" , qui n'a heureusement jamais servi pour cela à Montesson (44 cellules pour les enfants envoyés par leurs parents), des ateliers et des serres (aujourd'hui occupés par le CAT -Centre d'Aide par le Travail-), une piscine, une ferme et une infirmerie. L'architecture des lieux porte en elle-même la signification exacte de chaque chose. Ainsi, la maison du directeur, que l'on peut apercevoir de la route de Sartrouville, est située suffisamment en hauteur pour qu'on puisse y embrasser d'un seul coup d'œil tout le terrain. L'entrée était placée sur cette même route de Sartrouville et on peut encore distinguer les deux ouvertures, désormais fermées, dans le mur de l'enceinte.
Cette Maison est prévue pour accueillir les enfants condamnés pour avoir agi "sans discernement" (article 66 du Code Pénal), dans l'objectif de les réhabiliter par le travail (ah...y'a qu'ça de vrai, le travail...). Sans cesser tout à fait d'être une prison, le centre ne dispose pourtant d'aucun gardien, et le mur peut facilement s'escalader. La rupture avec l'architecture austère et déprimante de la Petite Roquette, bâtie selon le modèle du Panopticon de Betham (cf. M.Foucault, Surveiller et punir, 1975, Gallimard), est évidente.
L'école est inaugurée le 25 juin 1895 par le Président de la République Félix Faure. Les premiers "jeunes détenus" arrivent l'année suivante. Ces enfants sont formés aux subtilités du jardinage (ce qui explique la beauté du parc), du fer et du bois dans les ateliers.
Mais l'établissement doit se transformer, parce que n'ayant ni d'assez d'enfants, ni assez d'argent ...
http://oll.club.fr/lacote3-09.html
Le pupille adolescent et l’inspecteur : une difficile transition vers l’âge adulte l’exemple du département de l’Ain (1871-1914)
Ce travail repose sur l’analyse des rapports remis annuellement par les inspecteurs du service des Enfants assistés au conseil général du département de l’Ain. Par les thèmes mis en avant, par la longueur des développements, ces documents nous éclairent sur les préoccupations des inspecteurs, sur les relations qu’ils entretiennent avec les pupilles et sur la perception qu’ils ont de ceux-ci. Les inspecteurs nous livrent ainsi, de manière synthétique et filtrée, une vision qui nous permet d’appréhender les parcours des pupilles adolescents et de percevoir des réalités quotidiennes largement partagées (scolarité, activité, économies), mais aussi des comportements contrastés (violences, subies ou exercées, problèmes de santé, grossesse naturelle ou mariage précoce)...
Le pupille adolescent et l’inspecteur : une difficile transition vers l’âge adulte l’exemple du département de l’Ain (1871-1914)
Guy Brunet Alain Bideau
http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=ADH_114_0099
L'enquête sur les établissements d'éducation pénitentiaire
http://data.decalog.net/enap1/liens/1900/1900_0010.pdf
Document en version format PDF de 8 pages - ENAP
Concernant la colonie pénitentiaire de Bologne près de Chaumont
http://archives.haute-marne.fr/sdx/adhm/toc.pdf?id=FRAD052_00BIB_PPF_de-171&fmt=adhm&base=fa
La colonie pénitentiaire pour enfants
Quelques rappels historiques sur l’enfermement des mineurs
Alexis Violet, vient de disparaître, ce texte a été écrit en 2002 pour le livre collectif La fabrique de la haine. Lionel Jospin était alors Premier ministre, Daniel Vaillant ministre de l’Intérieur, et l’on parlait de « sauvageons » plutôt que de « racailles » ou de « voyous », mais déjà la surenchère sécuritaire était lancée, et déjà l’idée barbare de réouvrir des lieux d’enfermement et de « redressement » pour mineurs était remise à l’ordre du jour. Le climat politique n’ayant pas fondamentalement changé, le beau texte d’Alexis Violet reste largement d’actualité...
À Roger Abel, décédé le 1er avril 1937. Entre ses 10 ans et sa mort, il a connu Mettray, Belle-Île et, pour finir, la colonie pénitentiaire d’Eysses. Il pesait 68 kg à son arrivée, 50 kg à son décès. Il a vécu cent cinquante jours en cellule, est mort de dénutrition et de claustration.
Archives - Samedi 30 Septembre 2006
http://www.psychasoc.com/Textes/La-colonie-penitentiaire-pour-enfants
J’étais un chef de gang
... J'étais un chef de gang intéressera les analystes de la déviance et de la délinquance juvéniles en milieu populaire, les citoyens concernés par ces sujets ainsi que de nombreux travailleurs sociaux. La première partie du livre correspond au récit autobiographique de Lamence Madzou, un jeune homme originaire du Congo devenu un « jeune de rue » d'une cité HLM du sud de l'Essonne. Si sa carrière délinquante, qui l'amène dès l'âge de quinze ans en prison (sept incarcérations entre 1987 et 1996), constitue le fil conducteur de son récit, de nombreuses dimensions sociales souvent plus ou moins liées à celle-ci sont néanmoins abordées : les épreuves de l'émigration/immigration, les tension familiales, l'expulsion du territoire français et le retour forcé dans le pays d'origine entraînant la découverte d'une Afrique ravagée par la guerre civile, les amours d'un « chef de gang », le clientélisme politique symbolisé dans l'ouvrage par le « système Dassault » de Corbeil-Essonnes (mis en place dans les années 1990) et par les connexions entre l'association « SOS Racisme » et l'Elysée (années 1980) visant à récupérer « la Marche pour l'Egalité » de 1983 (devenue « la Marche des Beurs »), le déclin rapide des idéaux fraternels et pacifistes portés par la jeune « Zulu Nation » issue du Bronx et arrivée à Paris au milieu des années1980 ...
Le récit biographique de Lamence Madzou, ancien chef de bande de la région parisienne, accompagné de la mise en perspective de la sociologue Marie-Hélène Bacqué, offre une plongée dans le Paris interlope des années 1980.
Les colonies correctionnelles diaporama n°1
La révolution industrielle, les concentrations urbaines, les conséquences du capitalisme sauvage entraînent, au milieu du XIXe siècle, un accroissement de la délinquance juvénile. Le nombre des mineurs comparaissant en assises ou devant les tribunaux correctionnels passe de 2 557 en 1835 à 10 319 en 1847 et 11 026 en 1854. Par la suite, sous le Second Empire et la IIIe république, ces chiffres déclinent. La délinquance juvénile reste importante, mais n’est plus réprimée de la même façon. Ainsi, après 1912, la création conjointe de tribunaux spéciaux de justice pour les enfants et les adolescents, et un nouveau système de liberté surveillée pour les mineurs constitue des facteurs de réduction du nombre de jeunes en prison. On tente de privilégier des solutions de substitution à l’enfermement, afin de favoriser la réinsertion des jeunes délinquants. L’ « irresponsabilité pénale » des mineurs les soustrait à l’appareil judiciaire et les place sous le contrôle d’institutions ayant en charge l’amélioration de leur niveau moral et éducatif.
Document en version format PDF de Philippe Poisson
Les_colonies_correctionnelles_n°1
Le domaine de Saint-Hilaire d'abord une colonie pénitentiaire
Avant d’être un complexe comprenant un golf 18 trous, un hôtel cottage et des locations de villas, le domaine de Saint-Hilaire fut en effet, pendant plus d’un siècle, un lieu de punition, d’observation et de redressement pour mineurs. Élise Yvorel nous proposera d’en refaire un parcours en images, des années 1930 aux années 60, à partir des fonds iconographiques de l’EN-PJJ.
Une première version de cette exposition est parue dans la revue Histoire et sociétés, Revue européenne d’histoire sociale, n° 25-26, avril 2008, pp. 98-117.
http://groupedhistoiresocia.free.fr/index.html