29 novembre 2008
La prison parisienne du Cherche Midi, quelques pistes de lecture...
Des événements de juin 1940, nous avons tous en mémoire quelques-uns des clichés, stéréotypés. Le repli des prisons constitue l’un des aspects méconnu de l’exode. Au départ du Cherche-Midi et de la Santé jusqu’à Gurs, quelque deux mille détenus de la « Prison militaire de Paris » sont entraînés dans un « voyage au bout de l’enfer ». Chronique d’un exode pénitentiaire insensé...
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L’assassinat de Maurice Sarraut. Lectures d’un crime politique
L’assassinat de Maurice Sarraut. Lectures d’un crime politique Par Félix Torres
Le crime politique n’est guère une tradition française. Certes, des assassinats de Henri III et Henri IV à l’exécution publique de Louis XVI, la France compte maints régicides. On trouve encore l’écho de ceux-ci dans l’exécution du duc d’Enghien par Napoléon Bonaparte et de l’assassinat du duc de Berry par Louvel, deux « fautes » diraient Chateaubriand qui sont aussi des gestes politiques, à savoir la volonté de briser la chaîne de l’Ancien régime. Cette veine se tarit dès s’affirme le suffrage censitaire ou universel, avec la représentation parlementaire qui en découle. Même s’il faudra compter avec les attentats anarchistes de la fin du XIXe siècle et les tentatives d’assassinat du général de Gaulle au moment de la guerre d’Algérie. Une période déroge à la règle, celle du régime Vichy, qui voit se multiplier les assassinats et exécutions sommaires d’hommes politiques. C’est notamment le cas en 1944 : assassinats parmi d’autres de Georges Mandel, Jean Zay ou de Victor Basch par la Milice, exécutions de Philippe Henriot, d’Albert Chichery ou à Alger de Pierre Pucheu. Anatole de Monzie n’a pas tout à fait tort quand il évoque, dans ces « opérations de série », un « banditisme politique […] inédit dans notre histoire » . Deux assassinats politiques majeurs ont eu lieu lors des années précédentes, celui de Darlan à Alger le 24 décembre 1942, celui de Maurice Sarraut, le patron de la Dépêche à Toulouse, le 2 décembre 1943. Si ces deux crimes font alors grand bruit, leur destinée posthume apparaît fort différente. La mort du grand Amiral et les péripéties des années algéroises de 1942-1943 ont suscité une littérature considérable, sans cesse enrichie, où se croisent, à un moment charnière du second conflit mondial, ambitions françaises et grandes manœuvres internationales. Le second va perdre rapidement son caractère national pour devenir un simple épisode régional, promis, hors quelques allusions dans les histoires de Vichy, à l’indifférence de l’oubli...
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Magda Fontanges, maîtresse du Duce, écrouée à Mauzac (Dordogne)
Magda Fontanges, maîtresse du Duce, écrouée à Mauzac (Dordogne) Par Jacky Tronel
Sous le pseudonyme de Magda Fontanges, nom de l’une des maîtresses de Louis X I V, elle débute une carrière de comédienne puis se tourne vers le journalisme. En 1935, usant de son pouvoir de séduction, elle obtient la correspondance romaine du Matin. L’année suivante, elle devient correspondante d’un autre quotidien, genevois celui-là, La Liberté. À Rome, Magda réalise une interview du Duce qui en fait aussitôt sa favorite. Mussolini se lasse assez vite de cette femme volcanique et exclusive. Jalouse des nouvelles conquêtes féminines de son amant, Magda Fontanges vend à un journal américain ses souvenirs : « J’ai été la maîtresse de Mussolini ». Elle fait de même auprès de l’hebdomadaire Confessions (éditions des 1er, 8, 15 et 22 juin 1937). Furieux, le Duce fait expulser « la Fontanges » d’Italie. Convaincue que cette expulsion est le fait de l’ambassadeur de France, le comte Charles de Chambrun, elle décide de se venger : le 17 mars 1937, en gare du Nord, elle tire sur lui à deux reprises, ne le blessant que très légèrement. Son avocat, Me Floriot, obtient un an de prison avec sursis et cent francs d’amende. Survient la guerre. En 1940, Madeleine Coraboeuf gagne l’Allemagne. À peine y est-elle entrée qu’elle se fait expulser. Au mois de juin de la même année, elle tente de passer clandestinement en Espagne. Repérée, elle est reconduite à la frontière, incarcérée à Bayonne, puis libérée par les Allemands à la condition qu’elle travaille pour l’Abwehr. Elle accepte et entre au service du contre-espionnage sous le pseudonyme de « Héléna ». Dans le même temps, semble-t-il, elle vend à des ministres français des renseignements sur l’Italie où elle a gardé des contacts. En juillet 1941, ses commanditaires allemands l’envoient en mission à Bruxelles puis, un an plus tard à Marseille et enfin à Paris. Là, elle obtient une couverture en se faisant engager à Paris Soir. Elle travaille alors pour la branche renseignement du Sipo-SD, l’organisme de tutelle de la gestapo. Lâchée par les Allemands en 1943, sans doute lassés par ses frasques peu compatibles avec ses missions d’agent secret, congédiée par le journal Paris Soir, elle rencontre le fameux Lafond, alias « M. Henri », chef de la Gestapo française de la rue Lauriston dont elle devient la maîtresse...
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1942-44 : Les évadés de France par l’Espagne
1942-44 : Les évadés de France par l’Espagne Par Bernard Piquemal
Histoire d’un passage
Comment avons nous pu accrocher ce wagon en formation ? Nous étions sept tarn-et-garonnais au rendez-vous frontalier du Port de Belhay. Il y avait René Léris de Saint-Antonin, vieil ami de lycée, que nous retrouvâmes par hasard à Pau où il eut des démêlés avec la police qui ne voulait rien comprendre à sa présence touristique dans cette plaque tournante des évasions qu’était alors le chef lieu des Basses-Pyrénées, devenues depuis Pyrénées-Atlantiques. Il y avait Pierre Joanny et René Gouze, de Bourret, qui avaient conjugué leurs efforts et leurs ressources, que je ne connaissais pas et que je découvris dès la première étape. Il y avait Paul Laval et son frère Guy de Montbartier, Jean-Pierre Delort et moi-même de Verdun-sur-Garonne. Nous étions tous décidés à partager les épreuves et les succès. Paul Laval notre aîné, né en 1920, assuma les contacts, procura un passeur, organisa le succès de notre entreprise avec calme, sérénité et beaucoup de dynamisme. Brillant élève du lycée Ingres de Montauban, il venait d’entamer sa carrière dans les PTT qu’il déserta pour cette priorité du combat antinazi. Son frère Guy de deux ans son cadet déserta lui un chantier de jeunesse en Dordogne avec son ami Louis Pouzergues de Saint-Antonin. Réfractaires au STO, ils n’avaient pas voulu aller contribuer à l’effort de guerre des nazis dans quelque usine d’armement outre Rhin. Louis Pouzergues choisit de rester près de sa fiancée et vécut de long mois en contact avec le maquis d’Ornano qui s’approvisionnait à Cazals, chez Périès, à la maison du pont. Ensuite Louis intégra le maquis de Monclar. Delort né en 1923 et moi-même, son cadet de six mois, membres du réseau Alphonse Buckmaster et du corps franc Gérard de Verdun-sur-Garonne, lassés des balbutiements d’une résistance mal organisée et trop platonique à notre goût, lassés d’espérer des parachutages d’armes qui ne venaient jamais, comprîmes que nous n’avions pas les capacités pour organiser une stratégie de combat valable...
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Le camp de Septfonds : 60 ans d’histoire et de mémoire
Le camp de Septfonds : 60 ans d’histoire et de mémoire
Par Sylvain Zorzin
Le camp de Septfonds n’est pas un lieu de mémoire. Il est un lieu des mémoires. Entre 1939 et 1945, Guerre civile espagnole, régime de Vichy, résistance - légale puis “ illégale ” - à l’occupant nazi, collaboration, déportation, et cette vie quotidienne dans un village de moins de deux mille âmes, se sont entrechoqués sur quelques kilomètres. Et les différentes mémoires qui ont émergé, qui se juxtaposent plus qu’elles ne cohabitent autour des sites de commémoration, sont les vécus a posteriori des différents épisodes de l’internement, le travail entrepris par des acteurs impliqués sentimentalement dans cette histoire, dans ces histoires.
Depuis la réhabilitation — un mot abstrait pour désigner le défrichage d’un terrain recouvert par les ronces et les mauvaises herbes — du cimetière espagnol par un ancien républicain retiré à Septfonds au début des années soixante-dix, les cérémonies se sont succédées devant des médias de plus en plus diserts, tandis que les historiens découvraient ce rouage essentiel de l’internement espagnol, l’extermination nazie, ce lieu entaché des excès de la Libération. Quand l’histoire se dévoile, les mémoires sont en ébullition. Mais à Septfonds, l’histoire est lourde de destins, et ces mémoires sont, à plusieurs moments, entrées en concurrence. Ces conflits, parfois âpres et dont les autorités municipales ont perdu le contrôle, sont peut-être le maître mot des différents travaux de mémoire autour du camp. Ce n’est pas un phénomène exceptionnel pour cette réinscription tardive, dans la mémoire de la Nation, des destins qui ont écrit l’histoire des camps d’internement. « Cet investissement de la scène publique par les exclus de l’Histoire se manifeste presque toujours non seulement par une action politique, mais également, ce qui va de pair, par une réappropriation d’un passé, d’une histoire spécifique, pensée comme singulière et distincte de l’histoire générale, par exemple de l’histoire nationale » , écrit Henry Rousso. Et ce n’est pas parce que Septfonds est un petit camp, « peu connu » selon l’aveu même du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC), que tout est plus simple. Ces mémoires de Septfonds, ce sont d’abord des mémoires communautaires, appartenant aux acteurs des trois communautés, espagnole, juive et polonaise. Ce sont encore des individus dont le souvenir se rattache à la période noire de la collaboration. Et c’est aussi ce que nous avons appelé la mémoire du village, la façon dont jeunes et moins jeunes de Septfonds perçoivent l’histoire de leur village, plus de cinquante ans après que des flots « d’indésirables », comme on les appelait, se furent déversés dans leur commune. Toutes se croisent et se bousculent depuis une trentaine d’années.
« Eh bien ! Oubliez-nous, maisons, jardins, ombrages ! Herbe, use notre seuil ! ronce, cache nos pas...
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1939, les premiers camps d’internement français
1939, les premiers camps d’internement français
Par Geneviève Armand-Dreyfus
Le retour d’Édouard Daladier à la présidence du Conseil, en avril 1938, marque un infléchissement très net dans la politique française relative aux étrangers. Reflet de la montée de la xénophobie qui touche la France des années 1930, effet des arrivées répétées de réfugiés, surtout espagnols, et résultante d’un certain consensus de la classe politique, une série de mesures législatives et réglementaires sont prises afin de contrôler et surveiller les étrangers.
Le nouveau gouvernement se constitue le 10 avril et, le 2 mai, il promulgue un décret sur “ la police des étrangers “, présenté comme une nécessité pour “le souci de la sécurité nationale, de l’économie générale du pays et de la protection de l’ordre public”. La distinction est martelée entre l’étranger de bonne foi et celui qui se montre “indigne de vivre sur notre sol “. Le gouvernement indique que “ la France ne veut plus chez elle d’étrangers “clandestins”, d’hôtes irréguliers “. Si un étranger, frappé par un arrêté d’expulsion, ne parvient pas à obtenir le visa qui lui permettrait de quitter la France, le ministre de l’Intérieur “ pourra assigner à l’intéressé une résidence déterminée qui rendra sa surveillance possible “. [1] Le 12 novembre suivant, estimant que l’assignation à résidence représente une “ liberté encore trop grande “, un autre décret stipule que les étrangers “ indésirables “ qui “ sont dans l’impossibilité de trouver un pays qui les accepte “ seront dirigés vers des “ centres spéciaux “ où ils feront l’objet d’une surveillance permanente. Le gouvernement peut constater que “ le contrôle et la surveillance [des étrangers] sont maintenant assurés, sur le territoire, dans des conditions jusqu’ici jamais réunies “. [2] Tandis que le premier “ centre spécial de rassemblement “ sera créé le 21 janvier 1939 à Rieucros, en Lozère, l’arrivée massive des républicains espagnols sera la première application à grande échelle de ces décrets et en particulier du plus récent d’entre eux, celui de novembre 1938, qui prévoit l’internement administratif des étrangers considérés comme “indésirables “. C’est, en effet, dans une France qui a commencé un repli xénophobe que les réfugiés espagnols ont la malchance d’arriver. A partir d’avril 1938, cette terre d’asile se referme progressivement : le Front populaire se meurt et s’ouvre une période où, sous la pression d’une partie importante de l’opinion, les mesures relatives aux étrangers se font plus restrictives. Les arrivées successives de réfugiés espagnols au cours des diverses phases de la guerre d’Espagne et la menace, longtemps annoncée, d’un exode encore plus massif n’y sont certainement pas étrangères…
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Le rattachement de l'Administration au Ministère de la Justice
Notes pour la dispense de cours aux élèves-surveillant(e)s de l'A.P. en formation initiale
Philippe Poisson - formateur des Personnels à l'ENAP - 17 février 2004
Le donjon de la ville de Clermont
Vendredi 14 Novembre 2008
Transformé en prison pour femmes en 1826
Construit entre la fin du XIe siècle et le premier quart du XIIe siècle par les comtes de Clermont, le donjon succéda semble-t-il à un premier château fait de bois. Assiégé à plusieurs reprises aux XIV, XV et XVIe siècles, il fera l'objet de multiples remaniements. Racheté en 1702 par la princesse d'Harcourt, il sera ensuite transformé en résidence principale.
Confisqué durant la Révolution, le bâtiment servit à l'enfermement des prisonniers de guerre de 1793 à 1797. Racheté par l'administration départementale en 1805, le donjon fut, après travaux, transformé en prison pour femmes en 1826. Cette prison fermera ses portes au début du XXe siècle, et une maison de redressement pour jeunes filles délinquantes lui succédera.
L'édifice accueillera ensuite des réfugiés espagnols après la guerre civile. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands y enfermeront des résistants. Et, en 1944, le gouvernement provisoire y fera interner des prisonniers politiques.
Adjugé par les Domaines en 1951, le donjon sert alors de logements provisoires à des particuliers en quête d'habitation. Il est racheté en 1968 par la municipalité de l'époque, à la suite d'un effondrement, puis est vendu à une société privée en 1979, chargée de procéder à une restauration générale. Mais celle-ci n'aura jamais lieu et le donjon, peu à peu, tombera en ruines.
Le Courrier Picard
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Le donjon de la ville de Clermont
Document répertorié par Philippe Poisson le 20 mai 2004
Le_Donjon_de_la_ville_de_Clermont
Le camp d’internement de Compiègne
Ce camp appartient à tout un réseau de camps ou de lieux d’internement qui, pendant l’occupation de la France, ont servi de lieux de transit lors de la déportation de dizaines de milliers de personnes. Il y a donc toute une série de camps dont Compiègne est l’un des pôles essentiels. Sur 139 000 déportés partis de France, 49 000 sont passés par Compiègne...
Entretien avec Laurent Join : LE CAMP DE COMPIEGNE
Publié le 21 janvier 2003
par REFLExes
L’internement républicain
Plein Droit n° 58, décembre 2003 « Des camps pour étrangers » L’internement républicain Nicolas Fisher Doctorant en sciences politiques à l’IEP de Paris
http://www.gisti.org/doc/plein-droit/58/republicain.html