Documents Justice

Documents du temps passé concernant l'Histoire de la justice, des prisons et des bagnes.

28 novembre 2008

Entretien avec Michelle Perrot le 17 juillet 2001

" ... Vous avez écrit un article sur les Apaches, qu’en était-il de la place des femmes dans les mouvements marginaux urbains ?

Ce sont des phénomènes dont il ne faut pas exagérer l’idéologie intrinsèque. Les Apaches n’étaient pas des libertaires. C’étaient des bandes de jeunes – j’ai écrit à tort qu’il s’agissait de “premières” bandes, alors que la bande est une forme de sociabilité juvénile beaucoup plus ancienne, qui s’est manifestée dès le Moyen Âge –, revendiquées par les libertaires comme signe de révolte de la jeunesse. Il s’agit d’une construction médiatique ambiguë, œuvre d’une grande presse en plein essor avide de “faits divers ” et de récits de crimes, comme l’a montré Dominique Kalifa, et exploitée par ceux qui tentent de faire de la sécurité un enjeu politique. Au moment où les radicaux au pouvoir, appuyés par les socialistes, déposent un projet de loi abolissant la peine de mort (1908), la droite met en exergue les chiffres de la délinquance, juvénile surtout, et souligne l’insuffisance d’une répression “énervée”. “Comment abolir la peine de mort avec la jeunesse que nous avons ?”, clame, par exemple, un certain Dr Lejeune qui propose de revenir à des châtiments corporels publics : “Faut-il fouetter les Apaches ?”, s’interroge-t-il pour répondre “oui”.

Le terme d’ “Apache” avait été utilisé d’abord par un membre du tribunal, pour stigmatiser la violence des jeunes, lesquels l’avaient repris à leur compte pour s’en glorifier. On vit alors fleurir les Apaches des Batignolles, de Ménilmontant, de Belleville, etc.

Il ne faut pas davantage idéaliser la place des filles dans ces bandes. Leur rôle se situait souvent à la limite de la prostitution : les “marmites” avaient à cœur de rapporter de l’argent à leurs amis, de jeunes souteneurs censés les protéger en vivant de leurs charmes. Quelques-unes ont pu devenir chefs de bande, par exemple la fameuse Casque d’Or, dont l’histoire a inspiré Colette (la Casque de Cuivre de L’Ingénue libertine), Armand Lanoux ou le cinéaste Jacques Becker (Simone Signoret interprétant l’héroïne). On a publié en feuilleton des mémoires attribuées à Casque d’Or, mais visiblement apocryphes. Quelle réalité dans ces représentations ? Il est, en tout cas, intéressant de noter cette volonté, peut-être perverse, de montrer l’émancipation des “femmes Apaches”.

Propos recueillis à Paris, par Corinne Martin et Thierry Paquot, le 17 juillet 2001.

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Guerres paysannes en Quercy. Violences, conciliations et répression pénale dans les campagnes du Lot (1810-1860)

Dans la première moitié du XIXe siècle, tous les observateurs de la société lotoise, confrontés au spectacle des violences auxquelles se livrent les habitants de cette contrée, expriment un sentiment d'effroi et d'incompréhension. La rixe, l'empoisonnement, l'incendie criminel, apparaissent ici comme autant de modes sinon banals, du moins tolérés - voire, dans certains cas, valorisés - de règlement du conflit. Mais c'est par-dessus tout la fréquence et la brutalité des guerres inter-villageoises qui suscitent l'étonnement des contemporains : chaque été, les habitants de communes rivales s'engagent dans des cycles de défis et de vengeances qui peuvent, par le jeu des alliances qui se nouent entre localités voisines, embraser des cantons entiers.

François Ploux est maître de conférences à l'université de Bretagne-Sud. Il est l'auteur de travaux portant sur l'imaginaire social de la rumeur dans la France du XIXe siècle (De bouche à oreille. Naissance et propagation des rumeurs dans la France du XIXe siècle, Aubier, 2003). Il s'intéresse également à l'étude de la pluriactivité dans le domaine maritime.

Guerres_paysannes_en_Quercy

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L'affaire Libri, une fidélité aveugle en amitié

" ... Son emprisonnement à la Conciergerie laisse de bons souvenirs à Mérimée. Il partage sa réclusion avec son ami Édouard Bocher. « Je ne me suis pas ennuyé en prison. C'est un endroit très frais et excellent dans les grandes chaleurs. J'y ai passé quinze jours à travailler et sans un moment d'ennui » (À Joly-Leterme, 5 juillet 1852). « M. Bocher et moi nous recevons tant de visites que nous avons bonne envie de demander qu'on nous mette au secret ». (Au chancelier Pasquier, 15 juillet 1852.) La prison ne calme pas son ardeur à défendre Libri. Sénateur, il interviendra en assemblée plénière pour plaider la cause de la pétition présentée par la femme de son ami ..."

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Un bagnard médiatique : Henri Charrière dit « Papillon »

" Le plus grand succès du bagne au cinéma, tout comme en édition demeure Papillon. Après l’incroyable destin de ce best seller publié à l’été 1969, il était logique que Hollywood s’empare du sujet. Chose faite en 1973, lorsque Franklin J. Schaffner achève un tournage marqué par les performances d’acteurs de Steve McQueen et de Dustin Hoffman. Le succès du film tout comme celui du livre (inspirant également une bande dessinée quotidienne parue dans France Soir en 1970) soulèvent de nombreuses questions sur les raisons d’un tel engouement ... "

Fiche en version format PDF de Philippe Poisson - Un_bagnard_médiatique


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