Documents Justice

Documents du temps passé concernant l'Histoire de la justice, des prisons et des bagnes.

22 novembre 2008

La déportation de Louise Michel

" Joël Dauphiné est non seulement un spécialiste de l’histoire de la Nouvelle Calédonie à qui l’on doit, entre autres, un ouvrage sur l’évasion d’Henri Rochefort publié en 2004 chez L’Harmattan (Gavroche n° 141-142), mais c’est aussi un chercheur qui, sans se perdre dans l’anecdotique, va au fond des choses de façon détaillée. C’est un historien comme les lecteurs de Gavroche les aiment. Il travaille et publie, sans faire de bruit, loin des coteries, en marge des circuits universitaires. Dans sa dernière livraison, il remet à sa juste place la légende qui fit de Louise Michel, la Grande citoyenne, un mythe dans lequel la réalité historique était quelque peu malmenée au profit d’une hagiographie de nature quasi religieuse ..."

(note de lecture parue dans Gavroche n° 147, juillet 2006)

La déportation de Louise Michel de Joel Dauphiné

Les Indes savantes

152 p., 25 euros

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Robes noires, années sombres

" Réinscrivant la période de l’Occupation dans une socio-histoire des milieux judiciaires délaissée jusque-là, allant de l’entre-deux-guerres à la fin des années 40, le livre de Liora Israël – jeune agrégée de sciences économiques et sociales, maître de conférences à l’École des hautes études en sciences sociales – éclaire d’un jour nouveau les relations entre droit et politique, en proposant une interprétation originale de l’engagement résistant grâce aux outils de la sociologie de l’action collective, basée sur un ample dépouillement d’archives publiques et privées, même s’il faut reconnaître que Paris, une fois n’est pas coutume, a été privilégié par rapport à la province. Ce livre est tellement riche et foisonnant que je renvoie le lecteur à sa découverte car en rendre compte de façon exhaustive nécessiterait une véritable étude plutôt qu’une simple note de lecture. Aussi me bornerai-je à aborder deux, trois problématiques qui sous-tendent l’ouvrage car au-delà des anecdotes et des exemples donnés de telle ou telle action menée, elles résonnent dans notre actualité..."

(note de lecture parue dans Gavroche n° 150, avril 2007)

Avocats et magistrats en résistance pendant la seconde guerre mondiale de Liora Israel

Éditions Fayard, 2005, 548 p., 28 euros

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Les bagnes d'enfants

" ... L’auteur retrace l’histoire de ces lieux maudits qui, suite à la loi du 15 juillet 1889, semblent avoir trouvé, avec la création des bataillons d’Afrique de sinistre mémoire, une sorte d’aboutissement logique. Car cet encadrement judiciaire et son corollaire la militarisation de la répression sont aussi le moyen de mettre au pas les « fortes têtes ». Pratiques auxquelles adhèrent les gouvernements successifs. La discipline militaire des règlements, les abus de pouvoir qu’ils induisent, le travail forcé (voire l’exploitation éhontée d’une main-d’œuvre gratuite), les mauvais traitements (y compris sexuels), les privations de toutes sortes, les maladies et pour finir la mort anonyme qui frappe les plus faibles ou les plus désespérés ne choquent pas les bonnes âmes, politiciens et juges, ministres et bourgeois. L’idéologie qui fonde ce système prétend que les mauvais traitements, la discipline la plus rigoureuse, la soumission et les punitions corporelles sont rédempteurs. La lecture de certains passages de ce livre est à proprement parler insoutenable, mais puisés dans les archives, toujours très documentés, ils ne sont hélas qu’un reflet d’une réalité qui inspire au lecteur une horreur d’autant plus forte que, sur certains aspects, il a le sentiment qu’un retour de ces pratiques pourrait être justifié au nom de la loi et de l’ordre dans le cadre de l’obsession sécuritaire de l’époque..."

(note de lecture parue dans Gavroche n° 151, juillet 2007)

Et autres lieux d’enfermement

Enfance délinquante et violence institutionnelle du XVIIIe au XXe siècle de Paul Dartiguenave

Éditions Libertaires, 2005, 275 p., 15 €

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Émile Henry (1872-1894)

« ... « J’ai frappé dans le tas sans choisir mes victimes » déclare-t-il lors de son procès. On est donc passé de la propagande par le fait (formule de Paul Brousse) à un attentat aveugle contre ceux qui refusent de se révolter, de l’action directe au terrorisme en somme. Condamné à mort après un procès qu’il utilise comme une tribune, il est exécuté le 21 mai 1894. La dignité de son attitude face à ses juges et surtout face à la mort participera de sa légende et il deviendra une figure emblématique de la radicalité assumée ... »

Jean-Luc DEBRY

(note de lecture parue dans Gavroche n° 154, avril 2008)

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Montreuil-Bellay 1940-1945 - Un camp de concentration françaispendant la Seconde Guerre mondiale

" Ce qui devint le camp de Montreuil-Bellay devait être à l’origine une poudrerie que le ministère de l’Armement avait décidé de construire dès janvier 1940 à proximité de cette petite ville d’Anjou proche de la Touraine et du Poitou. Fut alors embrigadée une compagnie d’environ 300 républicains espagnols astreints à des travaux forcés préférés au refoulement vers l’Espagne franquiste et à une mort certaine. Le 19 juin 1940, les entreprises et les Espagnols s’enfuirent l’avant-veille de l’arrivée des Allemands qui venaient de franchir la Loire..."

Dans le numéro de Gavroche d'avril (n° 150), l'article « Internées volontaires dans le camp de Montreuil-Bellay » de Jacques Sigot présente les archives de quelques religieuses qui ont partagé le sort de Tsiganes enfermés pendant la Seconde Guerre mondiale. En complément, voici un rappel de l'histoire de ce camp.

http://www.gavroche.info/index.php/infos-web/5-bonus-web/116-montreuil-bellay-1940-1945

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Au Biribi des gosses par Zo d’Axa

" L’autre jour, devant la vitrine d’un pâtissier, un garçonnet, chaudement vêtu, auquel sa maman refusait une troisième tarte à la crème, se mit à crier :

- Je meurs de faim !

La foule s’ameuta très vite, et les commères du quartier, trois concierges, deux cuisinières et une marchande de poisson, invectivèrent la maman. Elles l’auraient battue sûrement, si la bonne dame, prise de peur, ne s’était enfin décidée à faire emplette, pour le gamin, d’une demi-douzaine de gâteaux. L’enfant, sans doute, en fut quitte pour une bonne indigestion.

La gosse avait fait chanter sa mère. L’enfant martyr est à la mode. Depuis le petit Pierre et les Deux Gosses, la fibre populaire tressaille... et un papa assez osé pour tirer l’oreille d’un marmot est dénoncé par son pipelet. La moindre pichenette au bambin émeut les voisins, belles âmes qui croient de leur devoir civique d’écrire des lettres au commissaire. Un usage enraciné veut, d’ailleurs, que toutes ces lettres, des voisins comme des concierges, soient prudemment anonymes. Il y a ainsi de basses vengeances qui trouvent moyen de s’exercer. Il y a surtout la délation, qui est un plaisir bourgeois.

Les loupiots, qui avant de lire les journaux, les ont entendu ânonner et commenter en famille, ont appris, par les faits-divers, que, contre tout méchant traitement, la Société les protégeait.

La Société ! des grandes personnes, qui ont le droit de punir maman et de mettre papa en pénitence. La Société ! s’ils savaient...

Eh bien ! nous allons le dire, le montrer à tous, petits et grands, ce qu’elle fait, le Société, la paternelle Société, des enfants qu’elle prend en tutelle. Voici la maison de correction.

Ici l’on souffre, on saigne, on jeûne. Ici l’on tue ..."

Au Biribi des gosses par Zo d’Axa   

« Le collège ! première prison, lit de Procuste universitaire, entraînement pour les casernes, petite société si laide qu’y germe la Société. »

Zo d’Axa, in La revue blanche (Paris, 1895, premier semestre)

http://infokiosques.net/imprimersans2.php?id_article=452

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Les Archives de la prison Saint-Anne d'Avignon

" L'intervention menée en septembre-octobre 2005 par le service des Archives départementales de Vaucluse à l'ancienne prison Sainte-Anne a permis de sauver un ensemble impressionnant d'archives pénitentiaires remontant aux premières années du XXe siècle.

Alors qu'elles se trouvaient entreposées depuis une trentaine d'années dans les combles du deuxième étage du quartier des femmes, les archives de la maison d'arrêt n'étaient plus accessibles car l'escalier qui y conduisait menaçait de s'effondrer ; avec la fermeture en 2003 de l'ancienne prison, elles seraient restées en déshérence sans le souci commun manifesté par l'administration pénitentiaire et les archives départementales de préserver cet important patrimoine écrit, témoin d'un siècle de détention.

En l'espace d'un mois, une équipe d'archivistes a pu accéder sur les lieux, procéder à une reconnaissance des masses d'archives, trier et éliminer pour sélectionner, répertorier et conditionner près de 50 mètres linéaires de documents, soit 886 articles, boîtes et registres. Au terme d'un travail réalisé dans des conditions physiques difficiles, trois fonds d'archives ont surgi des masses informes de documents éparpillés au sol, de cartons empilés et de registres bien rangés sur des rayonnages mais recouverts de poussière.

Le fonds de la maison d'arrêt d'Avignon est le plus conséquent : registres d'écrou (1922-1955), contrôle nominatif (1929-1986), dossiers individuels des détenus depuis 1945 sur lesquels un large échantillon a pu être conservé, dossiers de l'administration de la période de la guerre jusque dans les années 1990, archives de l'économat, du travail pénal, des services médical et socio-éducatif.

Bien conservé également, le fonds des archives de la maison d'arrêt de Carpentras, transféré à Avignon lors de la fermeture de cet établissement en 1957 ; il couvre avec les mêmes catégories documentaires la période 1920-1957.

Enfin, plusieurs registres, liasses et dossiers concernent le camp pénitentiaire de Sorgues, qui hébergea les détenus politiques arrêtés après la Libération, de 1946 à 1948.

Classées, conditionnées, répertoriées sur les lieux mêmes, ces archives ont ensuite été versées par l'administration pénitentiaire aux archives départementales où elles ont rejoint des documents plus anciens déjà déposés par les quatre prisons du département. Ainsi reconstitué et sauvegardé, cet ensemble exceptionnel d'archives, cohérent et diversifié, fait l'objet d'un inventaire en cours ; à l'issue des délais réglementaires, ces fonds seront communiqués aux chercheurs qui écriront l'histoire des hommes et de ces lieux de détention ..."

http://archives.vaucluse.fr/1432-les-archives-de-la-prison-sainte-anne-d-avignon.htm

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Le Bagnard Pierre Picolo

«  A partir de mon histoire d'ancêtre « bagnard »,  dont j'ignorais tout, et que JCLB m'a fait découvrir grâce au site GALFOR, et d'autres témoignages sur le sujet, une page « secrets de famille » a été créée au cg22. Cela m'a un peu déroutée, car je n'avais pas envisagé cette affaire sous cet angle. Je sais si peu de choses sur mes propres grands-parents, qu'il est fort probable que mon grand-père lui-même ne savait rien sur son ancêtre. Je suppose quand même que le silence a dû être un peu forcé pendant une ou deux générations, on ne peut empêcher le « qu'en dira-t'on » de s'exprimer.

Pierre Picolo est né le 3 juillet 1777 à Saint-Laurent et il a été condamné aux travaux forcés le 2 août 1817. Il était marié depuis 1802. Conséquence, entre 1802 et 1817,  plusieurs enfants ont dû naître dans son foyer.

Celui dont je descends, Pierre Marie, est né le 10 avril 1816 à Trégrom. Qu'a-t'il pu savoir, lui qui n'a pas connu son père ?

Il m'a fallu, pour résumer un peu l'affaire, me replonger dans le dossier du procès : 103 pages, la plupart manuscrites. J'ai eu quelquefois un peu de mal à déchiffrer, et donc l'exactitude de certains noms de famille n'est pas garantie… »

http://www.genealogie22.org/01_cg22/som_divers/som_secrets/som_secrets.html#Picolo


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L’affaire de Coatascorn

« Lorsque j’ai découvert l’acte de décès d’Yves LE MEN, mon Sosa 72, en date du 10 décembre 1823 sur les registres d’Etat Civil de Coatascorn, je n’ai pas été particulièrement intrigué par le fait qu’il s’agissait d’une transcription d’acte enregistré par la Mairie de Brest, ni par le lieu du décès, les hôpitaux maritimes, ni même par la profession des témoins, tous deux gardiens à ces mêmes hôpitaux. C’est tout juste si je m’interrogeais sur les circonstances qui avait amené un petit cordonnier de Coatascorn à aller finir sa vie dans un port du Finistère. C’est à l’occasion d’un déplacement au CG29 que j’évoquais ces questions lors d’une conversation sur le dépouillement des archives des hôpitaux maritimes. La réponse de mon interlocuteur, Monsieur Jean LE BRIS, fut immédiate «  Si votre cordonnier n’était pas un marin d’Etat c’était très certainement un bagnard » … Quelques semaines plus tard il m’adressait un courrier confirmant cette hypothèse… »

http://www.sourdaine.org/03YM_ap.htm

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« La contrebande du sel ... qui mène aux galères »

" A cette époque, la France connaissait d'importants écarts du prix de vente du sel d'une province à l'autre. La denrée précieuse était alors imposée (comme l'essence aujourd'hui), par l'intermédiaire de la Gabelle, mais très diversement appliquée selon les régions songez en effet qu'un minot de sel valait parfois l'équivalent d'une miche de pain, mais pouvait atteindre, à quelques kilomètres près, dans la province voisine, l'équivalent du prix d'un cheval. L'affaire était trop belle pour une partie de la population française en détresse qui se lance dans ce commerce lucratif acheter à bas prix dans les provinces peu taxées pour revendre dans des régions de « grande gabelle » Les douaniers ou gabelous, veillaient au grain en observant d'étranges ballets de chevaux surchargés et même de chiens porteurs du-dit trésor. Ils interpellaient de toutes parts des marcheurs suspects, y compris parmi les femmes et les enfants. La traque aux faux-sauniers se renforce d'un siècle à l'autre pour aboutir à un niveau de surveillance, filature, délation et répression considérable...

« La contrebande du sel ... qui mène aux galères » par André Poussin

Un ouvrage comprenant plus de 1700 noms de contrebandiers du sel originaires de l'ouest de la France condamnés aux galères ou au bagne.

Le prix 145 Francs ou 22,14 €, envoi franco à commander aux

Editions du Phare

Plage de Port Mer 35260 CANCALE

Pour nous contacter :

galfor@wanadoo.fr

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