21 novembre 2008
Le cachot et les fers ( Détention et coercition à Rome )
Le cachot et les fers
( Détention et coercition à Rome )
Yann Rivière est maître de conférences à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales. Ancien membre de l'École française de Rome, il a publié Les délateurs sous l'Empire romain (2002).
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Prisons et prisonniers en Mayenne
Cet inventaire présente, en près de 900 articles, l’organisation et le fonctionnement du système pénitentiaire en Mayenne pour la période allant du Premier Empire à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Précédé d’une introduction historique, il est accompagné d’une bibliographie, d’un état des sources complémentaires, de plusieurs annexes (cartes et plans, listes chronologiques, etc.) et d’un index alphabétique. http://www.lamayenne.fr/front.aspx?PubliId=3121&controller=NavBarViewPublication Prisons_et_prisonniers_en_Mayenne - document en version format PDF
" La chaîne des Forçats " dans la Province du Maine
"La chaîne des Forçats" dans la Province du Maine," 1896, n°4, p.82-85
http://www.lamayenne.fr/uploadfiles/publications/8002/FR-AD53-BN-0029.pdf.V38.aspx
Mis en ligne par les Archives départementales de la Mayenne le 1er mars 2007
Texte relu par Joël Surcouf ( l'orthographe d'origine a été conservée)
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Scènes de transfert de détenu(e)s au XIXe siècle
" ... En 1837, la chaîne des forçats est remplacée par la voiture cellulaire. Le fourgon cellulaire photographié ci-dessus par Atget sert au transfert des détenus. Six cellules sans fenêtre, placées de part et d’autre d’un couloir, accueillent ces derniers, qui voyagent anneaux aux pieds, assis sur un entonnoir en zinc. La cérémonie de la souffrance qu’offrait la chaîne des forçats a été remplacée par une « prison roulante, un équivalent mobile du Panoptique » selon Michel FOUCAULT. Les historiens jugent aujourd’hui cette thèse exagérée qui tend à présenter comme un mal une évolution représentant pourtant un progrès évident dans le traitement des prisonniers.
En ce qui concerne les femmes, après leurs procès, elles sont transférées dans un autre quartier, de la même prison le plus souvent, à Paris, le « quartier des jugées » de Saint-Lazare, puis après 1892, en maison centrale si la peine ou le reliquat de la peine dépasse un an …"
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La Chaîne des forçats. 1792-1836
« …D’abord spécialiste des modèles de vertu Sylvain Rappaport s’est tourné vers le sort des réprouvés en consacrant une étude, à la fois très précise et très stimulante, à la terrible chaîne qui conduisait les forçats des prisons vers les bagnes portuaires, entre 1793 et 1836. Il en justifie largement l’intérêt historiographique en multipliant les questions et les éclairages sur les divers aspects du sujet : mode de transport, voyage forcé, pratique disciplinaire, et «spectacle» offert aux foules par cette impressionnante «démultiplication» sur toutes les routes de France de l’exposition des condamnés prévue par la loi. Son analyse comble un vide et permet de croiser deux grands objets d’histoire : les institutions carcérales, d’une part, et le supplice public, d’autre part, durant une période-charnière, traversée d’hésitations décisives sur le système punitif. Sa démarche est toujours rigoureuse : elle s’appuie sur une lecture méthodique des diverses sources (archives administratives, articles de presse, témoignages et œuvres littéraires) – dont on peut regretter parfois qu’elles ne soient pas davantage présentées – et sur les apports de l’histoire des savoirs, des représentations ou des sensibilités, pour comprendre la chaîne et la fascination qu’elle exerce. En revanche, le plan adopté, éclaté en onze chapitres chronologico-thématiques, a l’inconvénient de diluer un peu les lignes de force … »
Sylvain Rappaport, La Chaîne des forçats. 1792-1836, Paris, Aubier, 2006, 346 p. ISBN : 2-700-723-414
http://rh19.revues.org/document1402.html
« Le voyage de la chaîne » - (Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle) - Deuxième partie
L’ordonnance de 1836, surtout si on la justifie par la nécessité morale » ; signifie bien plus qu’un simple aménagement technique, qu’une accélération du transport des forçats. Dans son Surveiller et punir, Michel Foucault a montré que le remplacement des chaînes par une mécanique cellulaire marque une étape essentielle, celle de la quasi disparition de l’ancienne économie des châtiments. Une autre disposition de la loi de 1836 mérite d’être évoquée. En supprimant les chaînes, la loi élimine aussi, à l’article 2, la ventilation des condamnés aux travaux forcés selon la durée de leur peine. Le rapport préliminaire contient déjà une remise en cause des bagnes, ou plus exactement de leur possible réforme : « Le but moral que se proposait l’ordonnance de 1828 n’ayant pas été atteint, l’intérêt du Trésor, comme celui de la santé des forçats, et même de la sûreté publique, conseille donc, après une expérience de huit ans, de renoncer aux classifications. » Il ne s’agit pas seulement d’une mesure dictée par l’économie et le bon sens. Le constat de l’échec moral des classifications prépare aussi, après l’abolition des chaînes, la suppression de ce bagne incorrigible et dangereux qui n’a jamais pu se débarrasser de ses odeurs de galère…
« Le voyage de la chaîne » (Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle) Fiche pédagogique n ° 4 / Deuxième partie Document de Philippe Poisson Fiche_pédago_n°4_la_chaîne_deuxième_partie - document en version format PDF
« Le voyage de la chaîne » - (Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle) - Première partie
" ... Les grandes chaînes partent de Paris et grossissent avec les détachements provinciaux qui les rejoignent peu à peu au fil de la route. Depuis 1795, les condamnés de la Seine et des départements environnants sont regroupés dans l’ancien hôpital général de Bicêtre, au sud-est de la capitale, qui sert désormais de dépôt et remplace donc la tour Saint-Bernard, l’ancienne maison parisienne des galériens. Les préparatifs de la « chaîne » donnent une animation extraordinaire à ce vieil espace du renfermement, où se côtoyaient les fous, les pauvres, les vagabonds et les réclusionnaires. La veille du départ, le capitaine ou chef de convoi et ses hommes ont pris possession de la grande cour, où ils déploient leur matériel. Vient l’heure du ferrement. Au premier coup de sifflet, les forçats sont introduits dans la cour. Au second coup, ils s’assoient sur le pavé. C’est là que chacun reçoit sa « cravate » : le collier de fer en forme de triangle auquel est attachée une courte chaîne, la « ficelle ». Même les plus courageux redoutent cet instant, car lorsque l’ouvrier frappe avec sa masse sur l’enclume portative afin de river le collier, toute fausse manœuvre ferait éclater le crâne du patient …"
« Le voyage de la chaîne »
(Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle)
Fiche pédagogique n ° 4 / Première partie
Document de Philippe Poisson
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