Documents Justice

Documents du temps passé concernant l'Histoire de la justice, des prisons et des bagnes.

20 novembre 2008

« On meurt au bagne comme on mourrait aux galères » - (Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle)

« … La fréquence des différents types de maladie et le profil de la mortalité apparaissent comme l’aboutissement de toutes ces conditions matérielles et aussi psychologiques, qui rythment l’existence quotidienne des condamnés aux travaux forcés. On meurt au bagne comme on mourrait aux galères, c’est-à-dire surtout au début de la peine, lors de la phase d’intégration. Les années les plus éprouvantes sont les premières, parce que ce système brime, brutalise et éprouve sévèrement les nouveaux venus. Cette attitude est délibérément provoquée par les forçats eux-mêmes, mais aussi par les surveillants qui n’épargnent pas les corvées et les grosses fatigues à la nouvelle chiourme. Les récidivistes, les « chevaux de retour », supportent nettement mieux la première année de captivité. Auteur d’une minutieuse étude comparée sur la mortalité dans les prisons et dans les bagnes, le docteur R.Chassinat souligne qu’au bagne, « la mortalité est la plus considérable, et cela dans une proportion très notable, pendant la première année de captivité ; qu’elle se soutient à un assez haut degré pendant la deuxième, et qu’ensuite elle marche en décroissant (…) quand le tribut est payé, quand la réaction vitale a repris le dessus, par l’effet de l’habitude ou par suite d’une perversité plus grande, alors l’existence du bagne ressemble à toutes les autres pour l’espèce d’individus qui doivent la subir. Elle devient une existence d’ouvrier suffisamment vêtu, logé, nourri, travaillant à son aise à l’air libre ; et le genre de vie de la chiourme ainsi compris, non seulement n’est pas incompatible avec la santé, mais il arrive qu’il n’est pas sans quelque charme pour ces êtres dégradés » ...

« On meurt au bagne comme on mourrait aux galères »

(Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle)

Fiche pédagogique n ° 3 – document  de Philippe Poisson

Fiche_pédagogique_n°_3_la_mort - document en version format PDF


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« Les fers » - (Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle)

« … Le classement «  moral » des forçats n’empêche pas que l’ordre du bagne repose toujours sur l’usage de la violence réglementaire, sur un ensemble d’épreuves et de contraintes physiques qui va plus loin que la peine légale, au-delà de la privation de la liberté et du travail forcé. On n’oubliera pas l’abomination de la marque au fer rouge (abolie en 1791, rétablie en 1810, puis finalement supprimée en 1830), cette flétrissure qui ne constituait pas seulement le moyen infaillible de reconnaître les récidivistes. Elle représentait une forme de supplice, et signifiait  aussi, comme au temps des galères, que l’Etat s’appropriait pour un temps ou pour la vie le corps du condamné …

La coercition s’exerce quotidiennement au moyen des « fers ». Le bagne du XIXe siècle vit encore avec le bruit métallique des chaînes, que l’on remue constamment, que l’on traîne sur les lieux de travail et de repos, que l’on scie aussi pour s’échapper. Ce sont les fers du ramas, qui entravent les forçats durant la nuit ; ce sont les chaînes de la journée, dont le poids et la longueur varient selon les tâches et selon la soumission du condamné. Celles que l’adjudant choisit «  à la tête du client », épargnant celui-ci et chargeant celui-là ; celles que le rondier sonde ou vérifie avant chaque mouvement ; celles que le chaloupier ajuste, rive et répare dans sa forge ..."

« Les fers »

(Scènes quotidiennes de la vie des bagnes maritimes au XIXe siècle)

Fiche pédagogique n ° 2 - document Philippe Poisson

Fiche_pédagogique_n°2 Les_Fers - document en version format PDF


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